Les ducs de bourgogne ( 1349 - 1477 )


Armoiries Bourgogne ModerneminiMaison de Bourgogne

Philippe de rouvresPhilippe Ier de Bourgogne, dit Philippe de Rouvres, né en 1346 à Rouvres-en-Plaine (d'où son surnom)

Il succèda en 1349 à son grand-père le duc de Bourgogne Eudes IV. Il était le fils de Philippe de Bourgogne (1323-1346) et de Jeanne Ire (1326-1360), comtesse d'Auvergne et comtesse de Boulogne.

Il mourut de la peste le 21 novembre 1361 à l'âge de quinze ans, sans avoir eu le temps de s'assurer une descendance. Avec lui s'éteignit "par les mâles" la première branche capétienne des ducs de Bourgogne.

 

jean le bonJean II de France dit Jean le Bon (1319 - 1364)

A la mort de Philippe Ier de Bourgogne ,le duché fut repris par Jean II le Bon (1319-1364), roi de France (1350-1364), se prétendant héritier le plus proche du jeune duc en nombre de degrés civils.

Le roi Jean II le Bon est un chevalier courageux mais un piètre politique. Son règne est marqué par de graves problèmes financiers, par les intrigues de Charles le Mauvais, roi de Navarre et par la crise des Etats généraux (dirigés par Étienne Marcel)

Le 19 septembre 1356, le roi Jean le Bon est battu lors de la bataille de Poitiers. Fait prisonnier, il est emmené à Londres. En 1360, le Traité de Brétigny lui rend la liberté contre une rançon de 3 000 000 d'écus d'or, mais deux de ses fils, Jean et Louis, doivent prendre sa place à Londres pour garantir le bon paiement de la rançon. L'un d'eux, Louis, s'étant enfui en 1363, Jean le Bon, obéissant aux lois de l'honneur, retourne se constituer prisonnier à Londres où il meurt en 1364. Son corps est restitué à la France et il est inhumé dans la basilique Saint-Denis.

Philippe II Philippe "le Hardi" (1364 - 1404)

Fils du Roi Jean II Le Bon

Philippe gagne le nom de Philippe "le Hardi" alors qu'à quatorze ans, il tente de détourner les coups des adversaires lors de la bataille de Poitiers en criant : "Père, gardez-vous à droite, gardez-vous à gauche !"

Philippe le Hardi mène une double politique. En tant que frère du roi de France, il désire maintenir le rôle important qu'il joue sur la scène politique française : Il prit part à la direction des affaires du royaume de France, pendant la minorité de Charles VI (Charles V meurt en 1380).

Philippe le Hardi devient donc co-régent de France.

Le 27 avril 1404, Philippe succombe à une fièvre violente dans son château de Hall, en Hainaut. Il a alors soixante-trois ans. Il sera inhumé à Champmol, près de Dijon.

Jean sans peur Jean Sans Peur(1404 - 1419)

Fils de Philippe le Hardi
Jean sans Peur essaie d'étendre son influence aux états voisins.

Son frère Antoine règne sur le Brabant. Il réorganise sa cour selon le modèle bourguignon et établit également une cour des comtes centralisatrice à Bruxelles.

Après la mort d'Antoine (1415), Jean sans Peur veut obtenir la régence, mais les Etats brabançons contrecarrent ses plans. Il réussit toutefois à étendre sa tutelle sur Liège.

Le duc manoeuvre à sa guise le pitoyable roi de France, Charles VI le Fou, et sa femme, la reine Isabeau de Bavière. En même temps, inquiet de la pression des Anglais, il tente une réconciliation avec le dauphin Charles.

Mais leur rencontre tourne au drame: Jean Sans Peur est assassiné à Montereau sous les yeux de Charles, le 10 septembre 1419.

Philippe IIIPhilippe le Bon(1419 - 1467)

Fils de Jean sans Peur

C'est à Philippe le Bon que revient le titre d'unificateur des Pays-Bas. Dès le début, il se propose d'étendre son influence sur les régions néerlandaises. Pour atteindre cet objectif, il espère pouvoir faire appel à son neveu Jean IV, duc de Brabant.

Pour affermir son pouvoir dans les villes et les régions, le duc cherche à s'attirer la sympathie des responsables locaux, en distribuant présents ou titres de noblesse. Bruges et Gand résistent aux attaques portées contre leur autonomie. Bruges se soulève en 1436-38 et Gand en 1453. Les deux villes doivent néanmoins se soumettre au souverain, fort de sa domination sur les campagnes voisines.

Après le meurtre de son père (1419), il s'allie à Henri V d'Angleterre et contribue à faire reconnaître le fils de ce dernier comme héritier du trône de France par le traité de Troyes (1420). Contrairement à son père, Jean sans Peur, Philippe le Bon n'a plus guère d'espoir d'accéder au trône de France. Il ambitionne alors de jouer le premier rôle au niveau européen. Il cherche à régner sur le plus grand nombre de territoires possible. Pour montrer que sa puissance égale celle des rois, Philippe le Bon crée l'ordre de la Toison d'or. Son autorité grandissante inquiète ses voisins français et allemands. En outre, son règne coïncide avec la guerre de Cent Ans, qui oppose l'Angleterre à la France.

Philippe le Bon mourut le 15 juin 1467

Charles le téméraire Charles le Téméraire (1467 - 1477)

Fils de Philippe III le Bon et d'Isabelle de Portugal.

Il veut souder la Bourgogne, terre ancestrale, à ses fiefs néerlandais. Pour atteindre son objectif, il emploie la force, mais ses guerres de conquête se solderont par un échec, plus particulièrement vers la fin de son règne

Charles le Téméraire est un souverain impulsif et dépourvu de diplomatie. Le duc défunt et son fils ont communié dans un même culte pour leur maison princière ; fastueux, orgueilleux à l'extrême. Mais, alors que Philippe le Bon est plutôt "nonchalant dans les affaires", on voit son fils Charles appliqué, laborieux, à tel point qu'on le nomme "Charles le Travaillant". Georges Chastellain l'appelle aussi "le Hardi" (le nom de "Téméraire" est tardif)

Sur le plan national, Charles le Téméraire se considère comme un souverain de droit divin. Il dénie tous droits ou privilèges à ses sujets.

L'entretien de l'armée de Charles le Téméraire coûte cher à ses sujets, et les défaites successives provoquent un sentiment de gaspillage. La mort du duc, lors d'une escarmouche devant Nancy en 1477, provoque, dès lors, un soulagement généralisé dans l'Etat bourguignon

Marie de bourgogne Marie de Bourgogne (1477 - 1482)

Fille de Charles le Téméraire , née de son deuxième mariage avec Isabelle de Bourbon.

Elle n'est pas préparée à cette succession et la France en profite pour s'emparer des territoires bourguignons. D'autre part, les Etats généraux exigent de la duchesse qu'elle leur restitue les privilèges abolis par son père. En échange, les Etats la reconnaissent comme héritière et lèvent une armée pour contrer les attaques françaises.

En 1477, Marie de Bourgogne est donc contrainte d'accorder le "Grand Privilège" aux Etats généraux. Le Parlement de Malines est remplacé par un Grand Conseil, au pouvoir limité. Les Cours des comptes centralisées sont abolies et les instances régionales sont remises à l'honneur. Les Etats généraux sont libres de se réunir et le souverain doit obtenir leur accord pour faire la guerre ou lever des impôts. Les privilèges provinciaux et urbains sont rétablis en matière de justice et d'administration. Enfin, la pratique du commerce est libéralisée dans les différentes régions. Les Etats généraux et les régions réaffirment leur reconnaissance de la maison de Bourgogne, à l'exception de toute autre dynastie.

Après la mort de Marie de Bourgogne en 1482, ses possessions passent à la maison des Habsbourg. Les provinces belges sont intégrées dans un royaume qui deviendra empire, et leurs intérêts sont désormais subordonnés à ceux des autres possessions des Habsbourg.